jeudi 19 novembre 2015

Alternative Santé n°170 : Faut-il être fou pour être végétalien ?

Voici un article que je viens de recevoir en newsletter d'Alternative Santé n°170. Il est fort intéressant, alors je me permet de partager avec vous son contenu:

VÉGÉTALISME : FAUT-IL ÊTRE FOU ?

Si vous faites partie des personnes qui ont décidé récemment de
manger moins de viande, je crois que vous devriez lire cet article.
Si vous n'êtes pas de ceux-là, lisez-le quand même, car
il s'agit de vérifier si vos croyances sont exactes. L'alerte lancée
par l'OMS récemment sur la nécessité de diminuer notre consommation de
viande rouge et de viande transformée (charcuterie et plats cuisinés) a
déstabilisé tout le monde et l'on devrait maintenant, en toute logique,
s'interroger sur la consommation de produits animaux quels qu'ils
soient.
Pourquoi ? Parce que la plupart des oeufs, des poissons ou des
fromages que l'on nous propose aujourd'hui sont eux aussi
majoritairement issus d'un processus industriel qui dénature leur
qualité
. La pêche industrielle, l'élevage laitier de masse ou la
production d'oeufs en batterie ne respectent pas plus l'animal que
l'abattage des boeufs dans les abattoirs de France.
Ne reste alors que la solution du végétalisme (aucune alimentation d'origine animale), et là, c'est la peur qui l'emporte.
Le végétalisme, allez-vous penser, c’est dangereux, ça entraîne des
carences, c’est très mauvais pour les enfants. Vous répéterez sans doute
surtout ce que vous avez entendu autour de vous, sans prendre le temps
de vous pencher véritablement sur la question.

J'ai posé la question à un expert

C’est pour cela que j’ai contacté un homme qui est une référence, un spécialiste du domaine, médecin de surcroît, le docteur Jérôme Bernard-Pellet.
Je voulais qu’il me dise véritablement si le végétalisme était aussi
dangereux qu’on veut bien le dire. Il a passé plusieurs années à
éplucher plus de 3 000 références dans la littérature
médicale sur le végétalisme. Et j'ai compris que la perception du
végétalisme dans le grand public, au sein de la profession médicale ou
dans les médias, n’est pas conforme à ce que rapporte la littérature
scientifique.

Si c’est bon pour les spationautes,
c’est bon pour tout le monde !

Quand on dit végétalisme, on parle de régime alimentaire sans aucun
produit animal (ni viande, ni poisson, ni oeuf, ni lait et ses
dérivés). Mais on pense aussi immédiatement aux carences, et on voit se
profiler l’ombre du crétinisme et du rachitisme. Pourtant, l’Agence
spatiale européenne a considéré le végétalisme comme le régime
alimentaire le plus pertinent sur le plan écologique, comme
sur celui du rendement alimentaire
. Dès lors, si ce régime est
adapté à une population qui a besoin d’être au top de ses performances
physiques et psychologiques, pourquoi ne conviendrait-il pas à tout le
monde ?

Pourquoi devient-on végétalien ?

Outre les raisons éthiques et religieuses, la plupart des personnes
qui passent au végétarisme, puis au végétalisme, le font pour des
raisons de santé avec l'espoir que cela leur permettra d’éviter le
cholestérol, les maladies cardiovasculaires, et aujourd’hui le cancer
aussi, visiblement. Plus simplement, c'est l'espoir de vivre plus
longtemps en meilleure santé qui pousse à devenir végétalien. Une
illusion ? Pas vraiment.

Le docteur Bernard-Pellet cite en effet une étude de 2013 dont on n'a presque pas entendu parler.
Cette recherche, menée pendant 6 ans par le docteur Orlich (spécialiste
en médecine préventive à l’université de Loma Linda, Californie) sur
une population de 70 000 personnes, a démontré que les végétaliens ont 15% de mortalité globale – toutes causes confondues – de moins que les
omnivores.

Des carences ? Quelles carences ?

On parle de calcium, de vitamine B12, de zinc, de créatine…
Apparemment, être végétalien signifie que l'on va manquer de tout cela. 
Pour
le Dr Bernard-Pellet, il n’y a rien dans la littérature scientifique
qui permette de le laisser penser. Et lorsqu’on lui dit que le Programme
national nutrition santé (PNNS) conclut que les végétaliens sont
carencés, il rétorque que ces conclusions sont
obsolètes. Il en veut pour preuve qu’en Angleterre, l’équivalent de
l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (ANSES), la
Food Standars Agency (FSA), a un point de vue diamétralement opposé
.


Pour la FSA, même en étant végétalien, on peut assurer l’équilibre
alimentaire, sans carence en vitamine B12, y compris chez l’enfant, le
vieillard ou la femme enceinte. Pour étudier un comportement alimentaire
et voir s’il est bon ou non pour la santé, il faut étudier la mortalité
globale. Cela a été fait avec le végétalisme et les études les moins
favorables ont démontré
qu'il y a moins de morts par maladies cardiovasculaires, cancers du côlon et de la prostate. Les études démontrent que ce régime alimentaire a un effet positif important sur le diabète de type 2, ainsi que sur les problèmes de cataracte.
Pour n’avoir aucune carence, il suffit d’associer correctement les
aliments, protéines, graisses, légumineuses et céréales, qui permettent
d’apporter tous les acides
aminés essentiels dont l’organisme a besoin.

Pas de source végétale en vitamine B12

Si les légumineuses (haricots secs, pois chiches, lentilles…) sont
des protéines de bonne qualité qui remplacent idéalement la protéine
animale, on n’y trouve pas de vitamine B12. Elle est pourtant
essentielle pour notre système nerveux et sanguin. Ceux qui n’y ont pas
cru ont été rappelés à l’ordre au bout de plusieurs années.
Pour le Dr Bernard-Pellet, ne pas se supplémenter en vitamine B12 lorsqu’on est végétalien est totalement déraisonnable.
Cette carence provoque des picotements aux extrémités, une diminution
de la sensibilité tactile et douloureuse, des troubles de la mémoire, de
l’irritabilité et même de la dépression. La Vegan Society recommande
donc 2000µg par semaine en une fois, ou 10µg par jour, en solution
buvable, en comprimé et même dans certains aliments qui ont été
supplémentés. (Note de Karolina: les omnivores sont aussi carencés en B12 que les végétarien! Pour les compléments: recherchez la B12 sous forme de methylcobalamine).

Bébés, femmes enceintes, personnes âgées… 

Sur ce point, Jérôme Bernard-Pellet est très clair : que l’on
soit végétalien ou omnivore, les précautions sont les mêmes pour tous.
Dans le cas des femmes enceintes, leurs besoins en fer ou en
vitamines peuvent augmenter. Il ne faut donc pas hésiter à faire
régulièrement des analyses sanguines pour vérifier si tout est normal.
Si le besoin de fer, de minéraux ou autre est constaté, on supplémente
la femme enceinte. Qu’elle soit végétalienne ou omnivore n’a aucune
espèce d’importance.
Les plus âgés consomment moins de protéines, qu’ils soient végétaliens ou pas. Là encore tout est dans la prévention et la surveillance.
Quant aux nourrissons et aux bébés, ils peuvent allaiter ou
prendre des biberons de laits maternisés vegan, qui sont parfaitement
adaptés à leurs besoins. A partir de 5 mois, les bébés vegan doivent
suivre les mêmes règles de diversification de la nourriture que les
petits omnivores, protéines animales en moins bien entendu.
Avec les enfants, Jérôme Bernard-Pellet recommande de ne pas
leur faire surconsommer de légumes qui remplissent l’estomac mais
n’apportent pas de protéines. Il faut bien veiller à donner suffisamment
de protéines aux enfants et s’assurer qu’ils ne perdent pas de poids.
Au niveau de la croissance, pas d’inquiétude, semble-t-il :
l’Association américaine de pédiatrie a conclu que les enfants
végétaliens correctement nourris grandissaient normalement.

Ce qu'il faut savoir avant de devenir végétalien

Il n’y a généralement pas d’effets indésirables lorsqu’on passe de
la nourriture omnivore au régime végétalien. Le végétalien est souvent
passé par une période végétarienne avant d’aller plus loin dans ses
convictions et dans ses choix. Parfois, une accélération du transit peut être remarquée les premiers temps, allant jusqu’à des diarrhées, mais
tout rentre dans l’ordre assez rapidement.
Surveiller son poids est essentiel lorsqu’on est végétalien. Perdre du poids arrive fréquemment, mais trop maigrir doit alerter.
Pourtant, il peut arriver que certains végétaliens grossissent car ils
consomment des protéines en trop grande quantité. Dans tous les cas, il
est recommandé de faire attention à la densité calorique des aliments
pour maintenir son poids. Enfin, on ne le répétera jamais assez,
n’oubliez pas la vitamine B12 (...).
Article de Caroline Morel

Bonne lecture et à très bientôt 
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Karolina
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